Mapper of the month: Benoît Fournier (France)

- escada


Qui êtes-vous ?

Je m’appelle Benoît Fournier, je vis avec ma famille en France et je travaille à Paris ou dans sa région.

Quand et comment avez-vous découvert OpenStreetMap ?

J’ai découvert OpenStreetMap fin 2014.

Je cherchais à l’époque une application de téléphone mobile avec des cartes téléchargeables hors-ligne. Je voulais avoir des cartes disponibles sans données mobile, pour des trajets en vélo ou à pied. Les recherches m’ont amené vers OSMAnd et le projet OpenStreetMap. En quelques semaines, au fur et et à mesure, j’ai découvert les premiers éléments de l’univers OSM et j’ai fait mes premiers pas : les éditeurs, les données, le wiki, quelques notes sur la carte, mes premiers messages à d’autres contributeurs. Puis mes premières contributions directes, quelques éditions téméraires et les erreurs qui vont avec !

L’ouverture du projet, le détail des données et la richesse de l’écosystème m’ont vraiment frappé à l’époque. Je pense notamment aux outils spécifiques à OSM (JOSM, iD, Tasking Manager, mapRoulette, les outils qualité…), la documentation (le wiki sans-fin, les tutoriels), la communication (forum, listes de diffusion, …), les applications et réutilisations à l’infini, … Tout cela m’apparaissait extrêmement riche, foissonant, à la fois en plein développement, auto-suffisant et très ouvert.

Que cartographiez-vous ? Y a-t-il des différences depuis vos débuts ?

Je n’ai pas un thème particulier, je change souvent d’outil et de thématique, en fonction de mon temps libre et de mes aspirations du moment. J’ai commencé avec des POIs et des attributs sur les routes pour la navigation et la cyclabilité (sens uniques, bandes cyclables, limitations de vitesse, …). J’ai aussi fait de la numérisation à partir d’images satellites dans des cartoparties avec CartONG ou HOT.

Depuis 2017 j’utilise aussi l’application StreetComplete. Autre différence : j’utilise maintenant plusieurs comptes (en fonction de mes activités ou des éditeurs) pour préserver un peu plus certains aspects de vie privée.

Comment cartographiez-vous ?

Pour les modifications de mon quartier proche, je cartographie par notes ou par mémoire. Une fois devant l’éditeur sur ordinateur et si la tâche est plus complexe, j’utilise un maximum de données disponibles pour recouper les informations : les imageries aériennes, les prises de vues au sol, le cadastre, …

Comment menez-vous vos relevés sur le terrain ?

Pour un relevé avec un objectif précis, je prends des notes et des cartes sur papier. Si c’est organisé en groupe, les atlas de Field Papers sont très utiles. Pour une déambulation oppurtuniste, je me repose sur les applications mobiles StreetComplete (pour completer les attributs en suivant les suggestions) ou Maps.me (pour ajouter des POIs).

Où cartographiez-vous ? Localement, HOT ?

Dans mon quartier, sur le trajet de mon travail, pendant certains voyages (mais pas activement si je suis en famille) et lors de cartoparties à distance.

Quel est votre plus grande réussite en tant que cartographe ?

Ajouter les étages de la Tour Eiffel, avec le concours de plusieurs autres contributeurs pour réparer mes erreurs de jeunesse :)

Pourquoi cartographiez-vous ? Qu’est-ce qui vous motive ?

Je participe au projet OpenStreetMap pour contribuer à un bien commun, qui attache beaucoup d’importance à l’expertise locale. Cela est doublement motivant car je suis des deux côtés de la chaîne : j’utilise moi-même les données et les applications d’OSM. Je sais également que tous les autres peuvent utiliser directement ou indirectement, dans des cas d’usages sans limites, en tant que citoyen-ne-s, associations, organisations, entreprises, administrations.

Quelle est la partie la plus difficile en cartographie ?

Le plus difficile en cartographie c’est le premier commentaire désobligeant et antipathique par un contributeur aguerri (qui a oublié que tout le monde doit débuter puis s’améliorer).

Sauf si vous avez un métier et/ou une famille et/ou une autre passion
alors le plus difficile c’est de trouver du temps libre.

Sauf si vous êtes dans une région plutôt pauvre, avec peu d’accès à un ordinateur et à Internet : alors le plus difficile c’est de trouver des ressources et du temps libre et un ordinateur et de l’énegie et une connexion Internet.

Quels sont vos plans de cartographie dans un futur proche ?

Je voudrais convertir plus de personnes, avoir plus de contributrices et contributeurs parce que je pense qu’une large participation est une bonne manière d’avoir les données les plus détaillées et les plus fraîches possibles.

Avez-vous des contacts avec d’autres cartographes ?

Oui, j’ai rencontré plusieurs personnes dans des rencontres locales ou internationales (State of the Map), et en participant à des groupes de travail et des activités communes. Et bien sûr avec la communication en ligne (mails, forums).

Utilisez-vous vous-même OpenStreetMap ? Comment ?

Je l’utilise simplement pour la carte et de navigation, en véhicule motorisé, à pied ou à vélo. Quand je suis perdu ; Pour planifier ou suivre des trajets ; Pour n’importe quelle recherche géographique avec mes enfants ou mes proches…

Faites-vous d’autres choses que la cartographie qui soit liées à

OpenStreetMap ?

Oui ! C’est une partie importante pour moi. Je participe depuis plusieurs années à l’association française OpenStreetMap France et au groupe de travail de la Fondation OSM pour l’organisation de la conférence State of the Map (SotM). Par le passé, j’ai participé ici et là à des traductions des outils OSM, à la documentation pour les débutants (comme le site LearnOSM), à des discussions (du point de vue de l’utilisateur) pour le développement informatique de certains outils de l’écosystème OSM, à des présentations et des initiations pour le public ou des associations et peut-être quelques autres aspects que je peux oublier.

Pour conclure, y a-t-il autre chose que vous voulez mentionner ?

L’exploration commence dans votre quartier ; nous sommes tous les experts locaux qui peuvent voir les particularités, les détails et les changements.

D’abord cartographiez pour vous, pour votre plaisir et pour le partage. Puis cartographiez pour les autres, cartographiez avec les autres, et faites cartographier les autres.